Vaccin anti-Covid : Israël suspend la quatrième dose, sauf pour les immunodéprimés

Annoncée la semaine dernière, la quatrième dose est suspendue jusqu’à nouvel ordre, sauf pour les immunodéprimés depuis ce jeudi. Le directeur général du ministère de la Santé, Nachman Ash, attend les résultats d’études. Si Omicron est moins grave que les souches précédentes, il pourrait favoriser l’immunité collective.

Source: Les Echos – Par Catherine Dupeyron

Publié le 29 déc. 2021 à 15:28Mis à jour le 30 déc. 2021 à 20:19

Cette fois, les responsables israéliens ont finalement décidé de se donner un peu de temps avant de lancer l’inoculation de la quatrième dose de vaccin anti-Covid aux plus de 60 ans, aux plus fragiles et au personnel soignant. Ils font même une petite marche arrière. Il y a plus d’une semaine, le Premier ministre Naftali Bennett, déclarait sur Twitter « J’ai donné l’ordre de se préparer immédiatement pour le quatrième vaccin. […] Le monde suivra nos pas. »

Cette annonce avait suivi les recommandations de deux comités d’experts, le comité consultatif sur les vaccins et le comité d’actions en cas de pandémie. Leur préconisation reposait essentiellement sur le fait que l’immunité liée à la troisième dose diminue avec le temps, comme ce fut le cas pour la seconde. A cet égard, le ministère de la Santé a d’ailleurs réduit à trois mois le laps de temps à respecter entre la seconde et la troisième dose.

Cependant, l’absence d’études cliniques solides qui auraient justifié cette quatrième dose a été critiquée par plusieurs scientifiques. Pour le docteur Dror Mevorah du Centre médical de l’université Hadassah, « le fait que nous ayons été les premiers à administrer un troisième vaccin ne signifie pas qu’un quatrième est nécessaire sans fondement scientifique. »

Une action massive auprès du grand public pour une 4e dose est donc suspendue jusqu’à nouvel ordre. Sauf, depuis jeudi, pour les immunodéprimés.

Le directeur général du ministère de la Santé, le professeur Nachman Ash, qui doit donner son accord pour déclencher ce processus, a décidé d’attendre d’avoir plus d’éléments de réponse sur la gravité des infections à Omicron et sur la quatrième dose.

D’un côté, une étude clinique vient d’être lancée sur un panel de 150 soignants par l’hôpital Sheba afin de déterminer si un quatrième vaccin est nécessaire ou non pour toute la population. De premiers résultats sont attendus dans une quinzaine de jours. De l’autre, de nouvelles études montrent que les personnes vaccinées qui contractent quand même le virus atteignent de forts taux d’anticorps, qui seraient capables de protéger contre différentes souches de Covid-19.

Concernant le variant Omicron, très contagieux, plusieurs études montrent qu’il engendrerait beaucoup moins de cas graves, ce qui pourrait constituer une étape décisive dans l’évolution de la pandémie. Pour le professeur Eran Segal, biologiste informatique de l’Institut Weizmann, « le grand nombre de personnes infectées par Omicron, attendu en Israël et dans le monde, peut augmenter considérablement le niveau d’immunité de l’ensemble de la population et aider à éradiquer Delta et certains autres variants. »

Ainsi, en Israël notamment, Omicron pourrait devenir la cinquième et dernière vague, espèrent certains. La contagion de masse par une souche, apparemment moins grave, permettrait peut-être de parvenir à l’immunité collective tant attendue.

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